Thierry Cohen / Cédric Delsaux / Vincent Fournier / Marina Gadonneix /
Noémie Goudal / Nicolas Moulin / François Ronsiaux

Maison des Arts de Créteil
Du 7 avril au 13 mai 2017
Rencontre MEP/cocktail/signature catalogue le dimanche 23 avril


 

Thierry Cohen
Villes éteintes

Shanghai 31° 13’ 22’’ N 2012-03-17 lst 14:47

© Thierry Cohen, « Shanghai 31° 13’ 22’’ N 2012-03-17 LST 14:47″
Courtesy Esther Woerdehoff Gallery, Paris, Danziger Gallery, New York, et l’artiste

PARIS 48° 51’ 52’’ N 2021-07-14 UTC 22:18

© Thierry Cohen, « Paris 48° 51’ 52’’ N 2021-07-14 UTC 22:18″
Courtesy Esther Woerdehoff Gallery, Paris, Danziger Gallery, New York, et l’artiste

 

Villes éteintes ou la tension réveillée

Le travail de Thierry Cohen est d’emblée poétique. Pourtant, derrière cette délicate rêverie des sentiments se cache une terrible démonstration : ce n’est pas la nuit qui fait obstacle, c’est la ville elle-même. Villes éteintes, titre complexe qui pointe l’impossibilité d’éteindre complètement les villes. Pas assez éteintes, donc, trop lumineuses et fières de l’être, trop peuplées et galopantes, trop productives et… trop tout, à vrai dire.

Titre farceur, aussi : si les villes sont mal éteintes,les ciels, eux, le sont bel et bien. Impossible d’observer les constellations depuis nos agglomérations polluées : les étoiles, pourtant présentes, sont invisibles. La lumière émise n’est plus perceptible. Le contact avec le cosmos est rompu. Pendant des millénaires, soleil et étoiles ont guidé les hommes en quête d’orientation. Qui sait trouver le nord en ville sans boussole téléphonique ? Qui parvient encore à déchiffrer un ciel étoilé que nous avons désappris à lire ?

Paradoxe d’un monde occupé à lire les villes et néanmoins incapable d’observer le ciel. On pourrait ici tenter une lecture politique de ce travail : tandis que chaque mégapole revendique son portrait, sa personnalité, son marketing ombilical, les hommes perdent tous, collectivement, ce bien commun qu’est le ciel étoilé. Certes, on ne voit pas les mêmes constellations depuis les hémisphères nord et sud (celui-ci étant d’ailleurs plutôt plus riche que celui-là sous l’angle de la luminosité stellaire !). Mais il n’y a pas de frontière en la matière, et les étoiles circulent, libres à leur façon. À l’heure des revendications exacerbées, l’espace céleste reste l’un des derniers biens communs qui résistent aux nations, aux régulations migratoires et aux peurs si fortes dans les villes.

Villes éteintes, titre complexe car, en réalité, pour construire ces poèmes visuels, Thierry Cohen photographie… de jour. Filtrées, réagencées, ces villes sont en effet éteintes parce que diurnes, saisies lorsque les lampions sont éteints. Les ciels, eux, sont rapportés d’ailleurs. Magnifiquement lumineux, ils ont été capturés en pleine nuit depuis des déserts ou des zones peu habitées correspondant exactement à la latitude de la ville concernée. L’artiste a jeté son filet et rapporté des constellations. Un long travail de patience lui permet ensuite de recomposer en atelier le puzzle de la ville et de son ciel. Chaque nuance de gris, chaque reflet est alors décidé, davantage inventé que restitué. Artifice ? Oui, le même que depuis les débuts de la photo, jouant avec la matière et la lumière pour découvrir la ville.

Étrange travail sur des mégapoles incontrôlables qui tracent la route des cités du futur. Ici se combinent bien des fils : poésie lyrique appuyée sur une impressionnante documentation ; invention d’une vue imaginaire ; fiction d’un possible devenu invisible ; portrait de ville fait d’images multiples ; grands formats qui englobent mégapole et cosmos pour mieux les rassembler.

Le célèbre dicton médiéval « l’air de la ville rend libre », tout d’une pièce joyeuse, cède ici la place à un constat trouble : la ville empêche et facilite tout à la fois, elle dégoûte et fascine. Tout le mérite de Thierry Cohen est de réveiller en nous cette complexité née d’une mystérieuse et contradictoire tension.

Villisima, Editions Parenthèses.
Guillaume Monsaingeon, 2015

https://thierrycohen.com/

 


Cédric Delsaux
Dark Lens

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Droids at Sunset. Marseille, 2015

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Droids Army. Dubai, 2010

 

Dark Lens par Jean-Luc Soret

Depuis la première révolution industrielle, au 19e siècle, le développement de la technologie « soumise aux impératifs du calcul marchand » a entraîné un rapport de plus en plus astreignant au temps, ce qui nous conduit bien souvent à penser, bien qu’il soit impropre de le formuler ainsi, que le temps « s’accélère ». Comme le souligne l’essayiste américain Jeremy Rifkin — spécialiste de prospective économique et scientifique — au cours de notre histoire, « la densification de nos échanges nous a conduit à organiser notre temps en plus petits segments : d’abord en heure à la fin du Moyen Age puis, au début de l’ère moderne, en minutes et en secondes ».

Aujourd’hui, avec la troisième révolution industrielle, celle des technologies de l’information et de la communication, « on crée de nouvelles valeurs temporelles : la nanoseconde et la pico seconde ». Organisant désormais notre temps à la vitesse de la lumière, avec des unités temporelles qui sont bien en deçà de notre seuil de perception, nous sommes contraints de « dissocier l’expérience humaine de la vitesse de communication à laquelle les informations peuvent être transmises. Ce qui est très aliénant ». Nous mettons en place, dans notre réalité objective comme dans notre imaginaire collectif contemporain, les conditions de notre total assujettissement à la machine.

Il semble donc que ce soit pour conjurer cet asservissement par la vitesse et la technologie que Cédric Delsaux nous invite à faire un pas de côté, dans un futur antérieur ou un présent contrefactuel qui a tout simplement rayé l’humanité de la carte.

Dans la série « Dark Lens », à la fois familiers et troublants, plantés dans le décor de notre contemporanéité, les personnages de la saga Star Wars sont socialisés dans la banalité de notre quotidien hyper urbanisé ou dans l’environnement glauque de zones post-industrielles en déshérence. Ils perdent de leur aura mais acquièrent une inquiétante étrangeté, semblant tourner à vide avec une violence sans destination. Si Star Wars est la fresque flamboyante d’une démocratie intergalactique qui a mal tourné, « Dark Lens » opère quant à elle un glissement contextuel qui sonne comme un avertissement. Le jeu de miroir de ce pouvoir technologique dictatorial déjà obsolète est saisissant et nous fait entrevoir un devenir fictionnel mais néanmoins possible sous la forme d’une archéologie du pire. À mi-chemin entre la mémoire cinématographique, la stase de l’image photographique et les projections dystopiques qu’impriment le développement des mégalopoles sur nos esprits synchronisés par la globalisation, « Dark Lens » met en scène un miroitement de temporalités multiples orchestré par l’ancrage du temps présent de notre regard.

Contempler ces images fixes suppose de prendre son temps ; ce temps à échelle humaine, condition de notre interprétation du monde.

Jean-Luc Soret, Commissaire d’exposition à la MEP

http://www.cedricdelsaux.com/

 


 

Vincent Fournier
Space Project

banniere partenaires - exposition Space Oddity

Ergol#3, S1B  clean room, Arianespace, Guiana Space Center, Kourou, French Guiana, 2011

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TS18 chair #3, Yuri Gagarin Cosmonaut Training Center, Star City, Zvyozdny Gorodok, Russia, 2007

 

Space Project

Il s’agit d’un travail débuté en 2007 qui montre un inventaire subjectif des lieux les plus représentatifs de l’aventure spatiale : le centre d’entraînement des cosmonautes de la Cité des Etoiles en Russie, les centres de lancement Cap Canaveral aux Etats Unis, Baikonur au Kazakhstan et Ariane Espace en Guyane, les observatoires d’étoiles dans le désert de l’Atacama au Chili, au Nouveau Mexique ou encore dans le Nevada, la base de simulation martienne dans le désert rouge de l’Utah… J’ai ainsi décliné et mis en scène toute une série de situations sur le thème de l’exploration spatiale.

Comme toujours dans mes recherches sur la science et la technologie, c’est la part de rêve qui m’intéresse. L’espace est un miroir de différentes croyances, utopies, craintes, espoirs… Mes images se nourrissent de ces lieux impossibles qui imaginent l’extrême et l’imprévisible comme autant de nouveaux points de départ. Chaque découverte scientifique oblige à repenser le monde. Quand l’homme est allé sur la lune en 1969 c’est le rêve collectif d’une partie de l’humanité qui a pris forme. La Terre vue cette fois depuis la Lune est une image que nous n’avions jamais vue. C’est une véritable rupture de point de vue qui a définitivement modifié la conscience que nous avions de notre planète. En prenant conscience de sa fragilité dans l’espace infini, nous avons alors peut-être mieux perçu les enjeux qu’il y avait à la préserver.

Rêve collectif et désir personnel, les images de «Space Project» sont chargées d’Histoire qui font resurgir en nous les souvenirs nostalgiques du futur de cette époque.

http://www.vincentfournier.co.uk

 


 

Marina Gadonneix
Phénomènes

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PHÉNOMÈNES – Untitled (Mars yard)
Courtesy Galerie Christophe Gaillard, et l’artiste

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PHÉNOMÈNES – Untitled (Supernova)
Courtesy Galerie Christophe Gaillard, et l’artiste

 

PHÉNOMÈNES

C’est au départ la découverte d’une image du scientifique Kristian Birkeland, reproduisant une aurore boréale dans son laboratoire entre entre 1896 et 1917, qui a motivé mon projet. La machine, appelée Terrela mais aussi little earth fut construite pour comprendre les mécanismes des aurores polaires. Cette image m’a conduit à interroger les modes de fabrication de phénomènes à la fois scientifiques et énigmatiques dans le cadre de laboratoires, ainsi qu’à en questionner la mécanique. Le projet s’intéresse aux tentatives de compréhension du monde comme à l’exercice de sa connaissance.

Phénomènes étudie la question des dispositifs de fabrication d’expériences scientifiques, constructions nous donnant à connaître le monde, de la plus petite à la plus grande échelle. Ainsi, il existe derrière chaque machine une représentation du réel qui interroge à la fois la nature profonde des choses et notre capacité à l’appréhender.

http://marinagadonneix.com/

 


 

Noémie Goudal
Southern Light Stations

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Noémie Goudal, Station V, tirage C-Print, 168 x 214 cm, 2015
Courtesy Edel Assanti/Galerie Les Filles du Calvaire

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Noémie Goudal, Station VI, tirage C-Print, 168 x 214 cm, 2015
Courtesy Edel Assanti/Galerie Les Filles du Calvaire

 

Southern Light Stations

Noémie Goudal crée des sculptures photographiques ambigües, fabriquées de toutes pièces. Elle installe ces édifices, souvent faits de papier, dans des paysages naturels, recréant ainsi de nouvelles perspectives. Ces éléments architecturaux (escaliers, dômes, tours…) ou cosmiques (ellipses…), sont placés dans des océans vierges ou des étendues désertes. En s’attardant sur ces formes, le regard descelle aisément la trace d’artifices (plis, imperfections, cordes, câbles,…) caractéristiques d’objets en deux dimensions conçus pour l’unique finalité de la photographie.

Dans In Search of the First Line, c’est la contradiction temporelle qui est à l’œuvre : l’architecture d’édifices anciens se mêle aux enchevêtrements de béton des ruines industrielles. Dans Observatoires, des bâtiments, usines ou entrepôts, photographiés en Allemagne, en France et au Royaume-Uni, semblent flotter dans un espace indéterminé, non sans évoquer les architectures cosmiques indiennes érigées à Delhi ou Jaipur au XVIIIe siècle.

Dans Southern Light Stations, Noémie Goudal explore l’espace céleste, longtemps considéré à la fois comme le miroir des dérèglements terrestres et la manifestation du sacré. De l’Antiquité au Moyen Age, on y observe un emboîtement de sphères tournoyantes, un soleil de cristal éclairé par une grande torche ou de fulgurantes apparitions de boules de feu. La Terre est souvent décrite comme reposant sur l’eau, et le ciel, comme une voûte posée au-dessus d’elle, la limitant de toute part.

L’œuvre de Noémie Goudal se nourrit du regard interrogateur de l’homme sur l’univers, espace de re-créaction où l’imaginaire s’étend à l’infini, comme un cinquième corps fait d’éther (ou cinquième élément). À la fois images et objets, les installations de Noémie Goudal se jouent de ces spéculations. Brouillant à dessein nos repères, elles oscillent entre hallucination et fait, miroirs de nos vies modernes où s’exercent simultanément d’insaisissables et contradictoires régimes de vérité.

http://noemiegoudal.com/

 


 

Nicolas Moulin
WENLUDERWIND
nicolas-moulin-wenluderwind-07

WENLUDERWIND 07

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WENLUDERWIND 09

 

FAUX SEMBLANTS

Les mythes urbains et technologiques qui conditionnent nos sociétés depuis l’âge de la révolution industrielle constituent la matière première du travail de Nicolas Moulin. Celui-ci consacre une grande partie de son activité aux pérégrinations urbaines et péri-urbaines. Le processus d’élaboration de ses travaux procède d’une pratique active et d’une observation critique de ce paysage et de ses symptômes. Des territoires propices à générer des an achronies fascinantes, et des spirales historiques étranges. L’œuvre de Nicolas convoque les référents historiques de ces paysages et les mixe avec des éléments que l’on désigne génériquement comme de « science-fiction ».

Un grand nombre de ses œuvres pourraient potentiellement constituer une sorte de « réponse » à notre monde contemporain, où se côtoient dans un équilibre dont il a le secret, sarcasme et romantisme, ou bien encore fascination et effroi. Notre âge orphelin de lendemains meilleurs semble s’être perdu la nuit dans un bois où restent invisibles les éléments qui le rendent anxieux. Cette dystopie établie se retrouve dans l’ensemble de son œuvre où la science-fiction qu’il revendique comme la culture de sa génération n’évoque pas un futurisme féérique mais « un présent achronique composé de souvenirs rétroactifs qui générant à travers l’espoir ou la peur la notion de « demain ». La composition de ses paysages à la chronologie déboussolée, fait appel à une vision du futur où le spectateur se retrouve confronté à un « déjà vu » qu’il n’a jamais vu, fonctionnant comme une réalité belle et bien existante, à l’image des « souvenirs implantés » des répliquant de Blade Runner ou de la phrase de JG Ballard : « Le rôle de l’artiste n’est plus tant de produire des fictions dans un monde qui en est saturé, mais bien d’inventer des réalités ».

Certaines de ses pièces que je nommerais « para-photographiques » utilisent la notion de « faux semblants ». Elles effacent soigneusement le processus avec lequel elles sont produites, laissant de côté l’idée d’une image photo qui retranscrit ou pour mettre en avant l’idée qu’elle est tout simplement.
C’est le cas de « VIDERPARIS » (2001), de NOVOMOND (2000), PANCLIMNORM (2006) et plus récemment BLANKLUMDERMILQ (2009) et WENLUDERWIND (2009). Paysages de « vestiges » futuristes, ou de « fausses archives » en noir et blanc, destinés selon lui à révéler un imaginaire contemporain, où après le « future isnow », le « toomuch future », et le « No future » règne le « No Present ».

Il n’est pas difficile alors de comprendre que les influences de Nicolas soient éclectiques et que son travail se garde bien de s’inscrire dans une tendance artistique nommable. Enfant tour à tour des projets des radicaux italiens, De Gordon Matta-Clark, du romantisme allemand, du Constructivisme russe et des minimalistes des années 60, il aime tisser des liens improbables entre divers mouvements et époques semblant antinomiques. Cela peut l’amener à évoquer ironiquement les projets de Superstudio comme des « Sol LeWitt géants traversant des peintures romantiques allemandes ».

Il décrit sa position vis à vis de l’art contemporain comme un véhicule orbitant sur l’autoroute périphérique d’une grande ville ; à l’orée et toujours en quête de zones intermédiaires, de « no man’s land » ou la hiérarchie entre les discipline, par exemple, l’art et l’architecture ou bien encore la musique – puis qu’il vient de fonder un label nommé GRAUTAG – se confondent dans cette même logique de « faux semblants » et d’éléments complémentaires.
Ainsi, dans ses installations, où se côtoient images, volumes, vidéo et son, la notion de véracité ne constitue plus le pendant indispensable de la réalité, et laisse la place à une « potentialité ». Ces images retouchées, ces volumes faisant le grand écart entre maquette et sculpture GOLDBARRGOROD (2007) ou INTERLICHTENSTADT (2009) dont l’échelle non établie, nous amènent droit vers l’« Automonument » évoqué dans New York Délire de RhemKoolhaas : « Passé un certain volume critique, toute structure devient un monument, ou du moins, suscite cette attente par sa seule taille, même si la somme des activités particulières qu’elle abrite ne mérite pas une expression monumentale. Cette catégorie de monuments représente une rupture radicale et moralement traumatisante face aux conventions du symbolisme ; sa manifestation physique n’est ni l’expression d’un idéal abstrait ou d’une institution d’une importance exceptionnelle, ni l’articulation lisible d’une hiérarchie sociale dans un espace tridimensionnel, ni un mémorial; il se contente d’être « lui-même » et, du seul fait de son volume ne peut éviter de devenir un symbole, vide et ouvert à toute signification, comme un panneau est libre pour l’affichage (…) »

C’est de cela dont il s’agirait dans l’omniprésence de ces édifices inquiétants peuplant l’œuvre de Nicolas Moulin. Non pas l’architecture que nous habitons, mais celle qui nous habite.

 

G.B

http://www.galeriechezvalentin.com/fr/artistes/nicolas-moulin/

 


 

François Ronsiaux
Corridor / 28ème Parallèle

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Corridor
Triptyque, tirages C-print,
caisses Américaines, 276×65 cm, 2016

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28ème parallèle, New Order 2012, Bure observatory
Tirage C-print sous diasec, caisse Américaine, 105×70 cm 2017

 

Corridor

Corridor est un triptyque photographique, avec en arrière plan, une accumulation de prises de vues du télescope Hubble recomposées par couches successives.

Le personnage central, en clair-obscur et aux yeux masqués, suspendu entre rêve et réalité, flotte dans l’espace dans une sorte d’extase.
Victime de la frénésie de la migration pendulaire, et de la pesanteur de la culture corporate, l’individu, archétype du Salaryman des années pré-crise, se voie libéré de son carcan sociétal et de ses attaches métaphysiques.

Il redécouvre en quelque sorte son existence post-natale aveugle et impondérable tel l’univers qui l’entoure.

 

Projet « 28ème parallèle »
(Guerrero négro / Guerre de l’ombre – Mexique) 2006/2012

Le projet 28ème parallèle est une  recherche photographique et plastique sur les différentes expressions des théories du complot.
Une exploration fictionnelle des frontières de la réalité en tant qu’information falsifiée par une société surmédiatisée.
L’image contemporaine multisupport produite par l’ingeniering de la propagande définit ce qui est juste au-dessus de toute recherche intellectuelle ou instinctive.
Dans le 28eme parallèle, 5 énarques au dessus des lois et des frontières géopolitiques contrôlent la planète en utilisant le panel de médias modernes et la sublimation d’images.
Ces 5 personnes identiques d’apparence dénommées  » sources  » influencent et orientent les choix politiques, définissent les règles globales internationales à appliquer et influent sur la vie de tous les individus.
Un nouvel ordre politicospirituel appelé « les guides » se crée constitué d’électrons dans le but d’une réappropriation de la planète par ses habitants.
Dans une représentation symbolique et fantasmagorique, ces guides à l’allure fantomatique étudient les failles du système et pénètrent par leur précepte de fonctionnement et de pensée autonome le réseau de propagande international.
Leur route les mène inévitablement vers les 5 sources.

Par cette allégorie et cette fiction, le 28ème parallèle approche les systèmes modernes de manipulation des populations, dans la lignée des œuvres de science-fiction  de Philip K. Dick à George Orwell, dans une réalité bien ancrée et non loin de la philosophie de notre époque contemporaine.

http://www.francoisronsiaux.com/